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"Perhaps everything terrible is in its deepest being something that needs our love." - Rainer Maria Rilke

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Nicolas Winding Refn est un nom qui se souffle discrètement dans les couloirs des festivals et les recoins de forum spécialisés entre initiés du cinéma. Réalisateur du film Viking Valalha Rising (sortie en salle sous “le guerrier silencieux”), le réalisateur Danois avait à son actif une trilogie sur le banditisme de Copenhague: pusher dans laquelle on suivait à la steady cam des membres de la pègre local aussi terrifiant que loosers.

Drive, auréolé de la palme Cannoise de la mise en scène, reprend les ingrédients de son talent: des personnages mutiques, une mise en scène éthérée, un sens du cadre déconcertant sans pourtant de forme d’arrogance et une approche réaliste de la pègre. Chaque plan rend hommage à la peinture flamande du XIXe siècle avec des clair/obscur majestueux, une mystification du quotidien -en témoigne la partie de campagne improvisée dans le canal d’évacuation de Los Angeles, les survols répétés de la ville dans ses plus beaux atouts de lumière ou ces intérieurs d’appartement miteux filmés comme des chambres d’un hotel de luxe - et une narration limpide: les dialogues deviennent presque superflus. La violence fait parfois irruption avec une brutalité vertigineuse et réveille le spectre des plus grands rushes d’adrénaline époque Scorcese pre-2000.

La musique joue une place prépondérante et rend un hommage vibrant au 90s et à la new wave. Les fans de GTA et Need For Speed Underground y trouveront certainement leur compte.

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Natalie Portman n’a jamais été aussi belle. Quand le talent rime avec travail et providence, il y a très peu de surprise à constater que l’oscar prestigieux de la meilleure actrice lui échut. Je suis sa carrière depuis 1995, Léon pour les ceux qui s’en souviennent. Je l’ai toujours trouvée très jolie mais de là à dire qu’elle était une grande actrice, le compte n’y était pas. De beaucoup, son passage d’atrice-enfant à femme daterait de Closer (Entre adultes consentants). Moi je n’y voyais qu’une jeune fille forte de sa beauté mais peu assurée de son charme au point d’user de vulgarité.Black Swan révèle une composition athlétique, tout en intériorité boulversante, inédite et puissante. Natalie Portman trouve avec Black Swan la consécration, la beauté et, les journaux nous disent… l’amour. Arrenofsky continue dans la veine de The Wrestler à dérouler sur l’obsolescence et le sacrifice du spectacle. La touche horrifique déçoit un peu cependant son abnégation, pour laisser le champ libre aux acteurs (contrairement à The Fountain) est presque touchante tant on sait le personnage inventif et subversif.

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Mon avis est biaisé. Je le dis. Ce billet n’est pas sponsorisé, juste bouleversé par les retrouvailles.

Avec plaisir donc, j’ai retrouvé la mystérieuse Madame Marie-Claude. Miss Lucy est encore plus belle que dans mes souvenirs. Et puis  Kathy H. portée par les frêles épaules de Carey Mulligan

Le roman m’a tellement transporté que j’ignore si on peut apprécier ce film sans explorer le matériau initial. La charge des sentiments, la solitude et la mélancolie de l’écriture d’Ishiguro prennent corps avec la même pudeur, la même retenue. Certes le twist arrive trop tôt mais il faut bien accorder quelque concession…

L’adaptation trahit un véritable travail sur le cadre, notamment le passage du temps avec des années 70 idylliques faisant place aux années 90 plus durs et impardonnables. Et la mise en scène… Keira Knightley cabotine à peine; tous sont si beaux dans leur désespoir.

Et puis ce goût d’inachevé nous laisse sur la faim comme la fois où j’ai tourné la dernière page.

Classé dans cinéma hollywood japon Keira Knightley Carey Mulligan girlz cinéma review

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Adèle Blanc-Sec, la démonstration par le vide

Besson nous a habitué au médiocre, ici, il signe surement son film le plus raté de sa carrière.

Acteurs photogéniques (Louise Bourgoin anyone), costumes rutilants, lumière travaillée, le plumage du film ne reflète pourtant pas l’impression générale de médiocrité: tous les acteurs principaux sont mauvais.

En preuve la scène clé où Adèle livre son secret le plus profond dans une tirade d’une lourdeur pyramidale.

On cherche alors le coupable quand tombe le casting en fin de film: le metteur en scène. Et là magique: disparition totale, évaporé, envolé.

CQFD

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cinéma top 10… ou presque

Un petit post un peu plus fourni que mes semi-gazouillis proustien.

Voici donc mes films vus en 2010 (je précise “vus” et non sortis, hein). Comme tous les ans et pour ceux qui ne me lisent que depuis récemment, on ne peut pas vraiment parler de classement sinon celui de ma mémoire. Je ne ressortirai pas mes palabres sur les critères algébriques. Pas envie de vous rendre séniles.

Inception

Après le Dark Knight l’année dernière, Nolan truste le top des blockbusters et le top du cinéma tout court. Dans Inception, il donne une véritable leçon de cinéma et livre une partition magistralement parfaite. Qu’y a t-il à redire? Rien. C’est bétonné, efficace, sensible. On pourrait pinailler sur le fait que la démonstration prévaut sur un véritable enjeu d’actualité mais la rêverie est tellement douce… 

Poetry

M. Lee Chang Dong est un grand homme mettez tout ce que vous voulez derrière: politique, de cinéma, scénariste… Poetry prend le cinéma Coréen à l’envers et c’est peu dire: il choisit une personne du 3e âge comme héroïne, la campagne comme décors et le coté le plus sombre des Coréens comme matériau. C’est dur, c’est tranchant.

Dragons 

Je plaide coupable, je suis un intarissable fan de Lilo et Stitch et quand ses créateurs passent à la 3d, je suis conquis d’avance. Juste un petit mot concernant la fin du film qui contrairement à beaucoup de production n’est pas totalement toute rose. Note aussi sur l’utilisation de la 3d qui pour le coup rend vraiment bien dans les grands espaces aériens notamment.

L’éclair noir

On parle déjà beaucoup du remake américain à venir. Profitez du matériau d’origine avec les traits soviétiques qui vont bien et la nostalgie de la terre socialiste disparue et regrettée en suspens comme la neige de ce blockbuster décomplexé.

True legend

Le retour de Woo-Ping Yuen (le chorégraphe de Tigre et Dragon, Matrix) derrière la caméra s’accompagne d’un coup de tête balayette bien placé. Magique, enivrante puis brutale, l’histoire se ré-approprie le genre qui avait été laissé à la pature d’Hollywood.

Cemetery junction

Le film biographique Ricky Gervais est classe distancé, drôle par moment, sincère. J’arrête les éloges. Bravo.

Kick ass

Kick Ass non seulement détourne les codes du comics mais prend aussi à bras le corps les tendances et les us contemporains, les épi-phénomènes, l’usage du téléphone, les familles nucléaires. Un vrai rush d’adrénaline, une plongée dans l’adolescence et ses tourments: fantastique.

Fantastic Mr Fox

Wes Anderson abandonne le cinéma traditionnel pour le stop motion. Son humour intact et son amour pour les personnages saupoudrés au syndrome d’asperger forment la matrice de son cinéma décalé. Les poupées n’ont jamais été aussi vivantes.

Uncertainty

Petit exercice de style, uncertainty met en scène le jeune Joseph Gordon-Levitt dans une aventure de notre temps qui défile et ne nous laisse aucun répit ou les choix décident de nos destinées. Évanescent, furtif, à saisir!

Vanaja

C’est un très petit film indépendant indien original en ce qu’il prend le parti de ne pas fabuler (pas trop). Au contraire de mettre en exergue les vicissitudes d’une adolescente en Indes confrontée à des enjeux qui la dépassent et qui pour notre Occident peuvent paraitre tenir du Moyen Age alors qu’il s’agit d’une réalité pour l’autre coté de la planète.

Su mi masen love

Faire le pari de l’amour. Pas seulement dans le jeu de la séduction mais en y mettant ses espoirs voilà, ce que propose le héros de ce petit film Taiwanais. Chie Tanaka rayonne, taiwan et sa langueur font le reste.

Trop loin pour toi

Une romance à l”eau de rose, et ce sera pas la seule de cette liste. Cependant celle-ci se distingue par la modernité de son propos, une certaine culture de l’adulescence “tellement vraie” que quelque part ces trentenaires roucoulant nous sont tout simplement “trop” proches dans leur façon de vivre leur histoire d’amour c’est à dire à distance, via internet, par SMS, facebook, avec ces étonnements de notre époque et les contraintes de la crise vécues comme allant de soi. Au risque de paraitre cliché, “capture l’air du temps”.

Tout ce qui brille:

Comédie française ajustée pour les filles mais pas que. Mignonne, tendre et revencharde pourtant classe, Géradine Nakache place sa première réalisation entre la banlieue et Paris. Un joli portrait.

Very bad cops:

Si vous voulez vous dérider, Very Bad Cops (en VO The Other Guys) est la solution. Comédie outrancière sur les flics ratés et frustrés, elle met en scène un Will Ferrell déchainé. Son humour du beauf ordinaire prend ici une ampleur phénomènale.

Top cops (cop out):

Je ne sais pas s’il faut aimer Tracy Morgan pour vraiment apprécier ce film. Je suis fan. Absurdes, puérils, les acteurs sont jetés en roue libre dans cette comédie à la Kévin Smith cad très bavarde et référencielle.

Letters to juliet:

Epurée, cette romance frise la niaiserie et pourtant. Et pourtant. Placée en Italie, l’histoire nous emmène à Vérone où un mur des lamentations recueille les lettres des amoureuses éplorées. Amanda Seyfried prête de sa personne pour répondre à une missive et se voit embarquée dans un voyage en Italie d’une mignonitude imparable et rafraichissante.

L’agence tout risques:

Sorti en plein été, le film n’a pas misé sur le budget pour épater la gallerie mais sur l’intelligence de son scénario. Bravo donc pour cette adaptation qui fleure bon la mise au gout du jour, une actualisation efficace et une action effreinée.

Unstoppable:

2 heures d’action non stop! Des personnages secondaires à la pelle, une rigueur narrative, un trésor d’ingénieurie, une mise en scène au cordeau, des trouvailles visuelles, Tony Scott est dans son élément. Il kiffe les trains et nous le rend bien.

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M. Lee Chang Dong est un habitué du cinéma hors norme. Homme d’exception si ce n’est de génie, il est une force de la nature qui alimente le cinéma amorphe qu’est le cinéma coréen depuis la mort de l’Halyu et bien avant encore.

Homme politique concerné par son sujet, il a vu la mort du protectorat coréen sur le cinéma intérieur en faveur et par commande de l’Amérique et donc indirectement d’Hollywood. Derrière la pellicule son combat continue. Son cinéma demeure personnel, autarcique, sans concession et pourtant tellement universel.

Il préfère toujours la campagne et la corée des petites gens au fast et au glamour artificiel (lapalissade) des intérieurs neufs, polis (achetés chez IKEA) et à peine déballés des nantis.

Dans Poetry, il explore la création artistique en posant le regard sur une personne du 3e âge.

M. Lee aime les femmes. Il le montre par un clair obscur frappant. Quand la masculinité de la société coréenne, pour ne pas dire le machisme, les ébranle violemment par des procédés pourtant légaux, pourtant bien-séants, elles sont dans les vapes, comme dans un KO tourbillonnant. C’est là que M. Lee les observe, prend le meilleur angle et les rend d’une beauté intemporelle.

Justice, culpabilité, honte et pardon, sont les refrains éternels de ce cinéma puissant, tellement fort, boulversant.

Classé dans cinéma Corée du sud review